X
NOTICE
si prompte à s’allumer dans le coeur des Français , s’en-flammait encore du désir de protéger la faiblesse , etd’aider le patriotisme.
M. de Bouille, nourri dès sa jeunesse dans le respectdes anciennes institutions monarchiques, fut étonné sansdoute de voir, à Paris , les ministres d’un prince absolufavoriser l’indépendance, et plus surpris encore d’entendreles courtisans de Versailles propager eux-mêmes l’enthou-siasme des idées républicaines; il put appréhender dèslors que ce changement dans la politique ne préparâtbientôt une révolution dans l’Etat. Quoi qu’il en soit,ses principes expliquent assez comment, à l’époqueoù de jeunes officiers, devançant les ordres de leur gou-vernement, s’associaient, avec autant d’éclat que de cons-tance, à la fortune long-temps douteuse des Américains ,et semblaient entraînés dans leurs rangs par l’amour de laliberté, M. de Bouille ne voyait à soutenir, dans lescombats auxquels il allait prendre part, que l’antiquehonneur des armes françaises et la gloire de la monarchie..
La France lui dut ses premiers succès en Amérique .Ses plans sont arrêtés , ses dispositions sont prises : pourmieux tromper la vigilance des Anglais , il choisit lemoment où le marin le plus intrépide craint d’affronter*une mer indomptable. La témérité de son entreprise doiten favoriser le succès. Il débarque à la Dominique , marchevers un des forts qui la protègent, et l’enlève l’épée à lamain. Surpris, épouvanté, l’ennemi ne se croit plus ensûreté dans ceux qu’il occupe encore. Il demande à ca-pituler, et les drapeaux français flottent victorieux surde nouveaux rivages (i). L’audace et les succès du vain-