SUR LA VIE DU MARQUIS DE BOUfLLÉ. xj
queur ont répandu l’alarme dans toutes les colonies an-glaises. De quel côté vont tomber les coups qu’il prépare?Il menace Sainte-Lucie , et fond sur Tabago. Rien nerésiste à nos armes : l’escadre anglaise, dont les vais-seaux flottaient dans ces parages, put entendre à la foiset le canon qui commençait l’attaque et celui qui célébraitla victoire.
Ce n’est point assez pour lui d’ajouter aux possessionsde la France ; il veut encore venger ses alliés. Les Anglais qui, sans déclaration de guerre, ont enlevé Sainl-Eustaclieà la Hollande, s’y croient à l’abri de toute entreprise. Ilcourt les attaquer. Mais cette fois les vents contrarient samarche ; ses chaloupes , en approchant du rivage, vont sebriser surdesécueils 5 les flots trop menaçans éloignent sesvaisseaux de la côte. Il reste à terre avec quatre centshommes. Plus d’espoir de salut, s’il ne sait forcer la for-tune à lui rester fidèle. A la faveur des dernières ombres delanuit,il s’avance vers les fortifications anglaises. Les soldatsqui les protègent sont dans la sécurité la plus profonde.La garnison manœuvrait sur l’esplanade; point de senti-nelles, point de postes avancés. Un détachement de sol-dats irlandais formait l’avant-garde française : leur uni-forme rouge trompe les Anglais ; ils croient saluer descompatriotes, une décharge de mousqueterie répond àleurs cris d’allégresse. Assiégés, assiégeans entrent enfoule dans la citadelle. Les Français ont l’audace d’en-
M. de Bouille'- Reste' dans les Antilles avec des forces trop peu considé-rablespour rien entreprendre, il fit la guerre défensive la plus hono-rable. « Partout où l’ennemi se pre'senta, dit la Biographie universelle,» il trouva Bouille, et Bouille valait à lui seul une armée, par la con-» fiance qu’il inspirait à chacune des îles, et par la crainte que son nom■» imprimait à l’ennemi, qui renonça à toute entreprise. «