SUR LA VIE DU MARQUIS DE BOUILLE. xiij
de l’île Saint-Christophe , s’élève un rocher immense,dont les flancs escarpés rendent, le sommet inaccessible.L’oeil découvre de loin, sur les eaux, ce mont or-gueilleux qui semble dominer les Antilles . Les tra-vaux de l’art ont ajouté à ses fortifications naturelles ,
1 et quinze cents hommes se sont renfermés dans les
murs qui couronnent ce nouveau Gibraltar . Tellessont les positions que M. de Bouillé vient attaquer. Euvain, par une manoeuvre adroite, l’amiral Hood sé-pare les troupes débarquées de la flotte qui les protège ;en vain il essaie de jeter des secours dans Brimstonehill ;M. de Bouillé, livré à ses seules ressources , contient lesassiégés, et disperse les renforts qu’on leur destine. Sonartillerie bien dirigée foudroie les remparts de la place,dont le feu commence à s’éteindre : bientôt uos grena-diers pourront s’élancer sur la brèche. L’ennemi consentà leur livrer les portes d’une forteresse dont la baïon-nette allait leur ouvrir le chemin : mais, tandis que nossoldats triomphent, nos marins laissent échapper l’occa-sion d’une victoire (i).
(i) Le comte de Grasse , à la tête de trente-deux vaisseaux de lignefrançais , devait protéger les troupes de terre occupées au siège deRrimstcmehill. « On croyait, dit l’un des historiens du dix-huitième\ » siècle, on croyait n’avoir rien à craindre de l’cscadre anglaise : elle
» était inférieure de dix vaisseaux à celle du comte de Grasse . L’amiral» Hood,quien avait pris]ecommandement,parutpourtantvenir affron-« ter ces forces supérieures. Aussitôt que le comte de Grasse l’aperçoit,» il fait lever les ancres. L’amiral anglais feintd’abord d’accepter la ba-■» i aille ^ il se retire ensuite, et voit avec plaisir l’escadre française s’é-» loigner de plus en plus de l’îleassiégée. Par une habile manœuvreque» secondent les vents et l’extrême agilité de ses vaisseaux, il évite !a» ligne française, et, se glissant derrière ellé, arrive au même mouillage» que le comte de Grasse venait d’abandonner. Honteux de la surprime
qui lui a e'té faite, le comte de Grasse attaque enfin la flotte anglaise» dont tous les vaisseaux embossés ne pouvaient plus manœuvrer. Il est