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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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XIV

NOTICE

Sans le désastre quéprouvèrent bientôt nos forces na-vales, le vainqueur de Saint-Eustacbe et de Saint-Chris-tophe exécutait encore de plus vastes projets. Des mersde lAmérique , monté sur une flotte française , quedevait grossir une escadre espagnole, il voulait sélan-cer vers lEurope , et reporter sur le sol de lAngleterreles maux et les combats quelle envoie aux extrémitésdu monde. Mais déjà de nouvelles tentatives seraient sansobjet. Épuisée par ses efforts et par ses succès mêmes ,lAngleterre fléchit ; lAmérique est libre, la France estsatisfaite, la paix est conclue. Les exploits de M. deBouillécontribuent puissamment à la rendre honorable pour sonpays.

Le gouvernement le rappela dans sa patrie pour yrecevoir des éloges et les récompenses dus à sa con-duite (i). Il voguait vers la terre natale, plein des-

» repoussé deux fois, et nose ou ne sait pas user du moyen par lequel3> langlais Elphinston, monté sur une escadre russe , brûla, en 1770, la« flotte turque dans la rade de Tschesmé, » ( Histoire de France parCharles Lacreteîle, tome V.)

M. de Grasse pouvait encore réparer sa faute. Après la prise de la for-teresse assiégée, il semblait difficile que lamiral Hood quittât le mouil-lage quil occupait, sans porter cette fois la peine de sa témérité. Cependant M. de Grasse ne profita point de cette occasion favorable. Lamira]Hood leva lancre et regagna paisiblement Sainte-Lucie. En le voyantainsi séchapper en présence des vaisseaux français , M. de Bouille quivenait de forcer le gouverneur de Saint-Christophe à se rendre, ne putsempêcher de dire en souriant, que cela nétait pas dans la capitulation.

(1) M. deBouillé avait été nommé maréchal-de-camp en 1777. H futélevé au grade de lieutenant-général, après la prise de Saint-Christo-phe 5 et lors de la signature delà paix, à lépoque de son retour en France ,il fut compris dans la promotion que le roi fit en 1783 de plusieurs che-valiers de ses ordres. La guerre, loin denrichir M. de Bouille, lui avaitcoûté de grands sacrifices ; il devait sept cent mille livres. Louis XVI lui fit demander létat de ses dettes et voulait les acquitter 5 mais la dé-licatesse de M. de Bouille ne put lui permettre daccepter cette marque