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SUR LA VIE DU MARQUIS DE ROUILLÉ ,pérance et de joie. Il allait revoir ce peuple généreux etbrave , spirituel et poli, capable de briller à la fois par lestravaux de la guerre et par les arts de la paix. Ses yeuxne purent sans émotion découvrir de loin les rivages delàFrance . Après s’être associé à ses triomphes, il voulaitjouir de sa prospérité,,il voulait partager son repos.Hélas! il allait voir éclater dans son sein des mouvemensplus impétueux, plus rapides et plus destructeurs que lesouragans des Antilles .
Ici ma tâche se trouve interrompue et pour ainsi direachevée ; ici commencent leS Mémoires écrits par M. deBouillé pour l’instruction de l’histoire. On va connaîtred’après lui-même son caractère, ses actions, ses idées po-litiques, ses vues pour 1e bonheur de ses concitoyens. Onle suivra bientôt en Angleterre, où la reconnaissance descommerçans de Londres et de Glascow rendit hommageà ses procédés généreux ; à Berlin , où Frédéric II , jugeéclairé du vrai mérite, lui fit le plus honorable accueil.On le verra bientôt après assis dans l’assemblée desnotables , puis appelé plus tard au commandement géné-ral de plusieurs provinces (i); contenant le peuple etréprimant la licence dans l’armée ; demeurant, en appa-rence, étranger aux partis qui divisaient la France ;
de la générosité du prince. Il en reçut un présent plus flatteur à ses yeux ;le roi lui donna deux pièces de canon prises à Saint-Christophe, et quiappartenaient au premier régiment d’Angleterre. Ces pièces de canon ,récompense honorable des services rendus à la France , étaient placéesdans le château d’Orly , près Paris ; elles en furent enlevées après lei4 juillet.
(i) En 1787,1!!. de Bouillé commandait en second la province des TroisÉvêchés. La révolution ayant éclaté en 1789, il resta dans son comman-dement, contre l’exemple suivi presque généralement à cette époque.. Le commandement en chef, non-seulement de cette province, mais en-core de l’Alsace, de la Lorraine et de la Franche-Comté , lui fut confié