SUR LA VIE DU MARQUIS DE DOUILLE. XVÜj
prince ; il ne croyait point à l'impossibilité de prolonger ladurée des ins ti tutions fondées vers le milieu du dix-septièmesiècle , parce que les idées d’honneur, de morale et dereligion, qui servent de ressorts à ce gouvernement ,avaient encore conservé sur son esprit toute leur forceet tout leur empire. On aime à retrouver ainsi, dans lessentimens les plus honorables, la source des illusionsdont sa raison ne pouvait le défendre.
L’on sait déjà ce que ses Mémoires doivent d’intérêtaux événemens dont ils offrent le tableau. Ils sont écritsavec la simplicité d’un soldat et la véracité d’un homme debien. Elevé dans les camps , M. de Bouille n’a point pré-tendu à la gloire des lettres ; son style quelquefois négligéa cependant du nerf, de la vivacité, de la chaleur. M. deBouillé avait un esprit juste, un caractère ferme, uneame noble. Il était né pour les choses grandes et fortes :personne plus que lui n’aimait , n’admirait des vertusque le malheur a rendues depuis si touchantes ; mais,pour raffermir un trône si violemment ébranlé, cen’était point assez , selon lui, de la bonté de Louis XII ,si l’on n’y joignait l’épée de Henri IV .
Obligé de quitter la France après la malheureuse issuedu voyage de Varennes , la considération attachée à sonnom, à ses services, l’accompagna dans l’étranger. Gus-tave , roi de Suède , l’honora de son amitié. Catherineeut voulu l’attacher à sa cour. Le roi de Prusse et l’em-pereur d’Autriche ne pouvaient refuser leur estime à soncaractère , leur confiance à ses lalens. Il parut souventauprès d’eux chargé des plus respectables pouvoirs (1).L’Angleterre, en 1792, désira le donner pour guide à
(1) Honoré de la confiance des princes, admis à Coblentz dans leurconseil, M. de Bouille fut chargé de plusieurs missions importantes5
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