l/, MÉMOIRES DU MARQUIS DE B0U1LEÉ.
nistres qui chercha et qui réussit à en pervertirl’esprit. 11 plaça dans le ministère et dans le conseild’Etat plusieurs membres du parlement de Paris : cedont il javait eu très-peu d’exemples jusqu’alors (i).11 distribua des pensions à d’autres, et il répanditdes grâces de tout genre sur un grand nombred’entre eux et sur leurs familles; enfin, il employales moyens ordinaires de corruption. 11 en résultaque les parlemens s’écartèrent des anciens prin-cipes; les magistrats, des mœurs antiques et sévèresde leurs pères, ainsi que du maintien austère etimposant qui jusqu’alors avait caractérisé la ma-gistrature française. 11 changea de même l’esprit etle caractère du haut clergé, il en fit donner lesplaces éminentes à la jeune noblesse de la cour etdes provinces. Il changea les anciennes relationspolitiques de la France , en cimentant son allianceavec la maison d’Autriche , son ennemi le plus invé-téré, par le mariage du dauphin de France avec unearchiduchesse, ainsique par ses liaisons personnellesavec l’empereur et le cabinet de Vienne . Il fomentales troubles de l’Amérique , qui se manifestèrent,quelques années après son ministère , par la révolte
(i) M. de Laverdy et l’abbé Terray' furent choisis parmi lesconseillers du parlement de Paris pour être contrôleurs-générauxdes finances. Les places de premier président des autres parle-mens, d’intendant des provinces, de conseillers d’Etat, furentdonnées à d’autres membres de ce parlement, contre l’usage an-tique. On leur distribua des pensions, et on employa tous lesmoyens ordinaires de corruption. M. de B.