l6 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
faire rentrer dans le.ur devoir les parlemens, quidéjà voulaient e'tabnr une aristocratie, en parta-geant l’autorité souveraine, prit le parti violent,mais nécessaire, de les détruire. L’abbé Terrayrépara le désordre des finances par un plan vigou-reux et sévère, qui mit un frein à la cupidité desfinanciers et des hommes à argent (i). Le ducd’Aiguillon , élevé dans les principes du cardinalde Richelieu, son grand-oncle, parut s’occuper dechanger le nouveau système de politique adoptépar le précédent ministre ( 2 ) , de rendre à l’arméeses anciennes institutions , et d’y ramener sonancien esprit ; enfin le gouvernement montra lavolonté de réprimer la licence des écrivains et desgens de lettres (3), et de faire rentrer le publicdans le respect et dans l’obéissance dus à l’autorité.
(1) Quand l’abbé Terray parvint au ministère des finances en1770, le revenu de l’Etat montait à 3 17 millions. Le déficit étaitde 77 millions ; il fit pour 38 millions de retranchemens et de di-minutions dans les intérêts de la dette nationale , qui montait alorsà 177 millions. Il établit pour 25 millions dé nouveaux droits ouimpôts ; il fit des réductions sur les dépenses pour 12 millions, desaméliorations dans l’administration pour 11 millions. Total 86millions , dont il bénéficia les finances du royaume. M. de B.
(2) Le duc d’Aiguillon , en suivant les maximes politiques ducardinal de Fleury, et les vues pacifiques de Louis XY, chercha àse rapprocher de l’Angleterre , qui montra alors beaucoup d’éloi-gnement. S’il ne put séparer la France de la maison d’Autriche ,ce fut parce que le roi tenait beaucoup à cette alliance, dont ilcrovait que dépendait la continuation de la paix. M. de B.
(5) On renouvela , en 177] et 1772 , les ordonnances de police ,pour empêcher l’introduction des livres dangereux. M. de B.