CHAPITRE PREMIER.
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Si le monarque eût vécu encore quelques aimées,si les mêmes ministres eussent continué à gou-verner l’État, ou qu’il l’eût été sur les mêmes prin-cipes, il est possible que l’existence de la monar-chie se lût prolongée long-temps encore, l’opinionde Montesquieu étant qu’un gouvernement ne peutse maintenir que par des maximes et des moyensanalogues à son principe; et une monarchie abso-lue tend à sa dissolution, aussitôt que l’autorités’affaiblit.
Mais Louis XV mourut; son successeur, jeune,sans expérience, avec toutes les vertus d’un hommeprivé, n’avait aucune des qualités qui étaient de-venues nécessaires à un prince dans une situationaussi difficile. Au lieu de c'onserver les ministresde son prédécesseur, il les renvoya tous, et ilchoisit pour son conseil et pour son guide , unvieillard plus que septuagénaire , M. deMaurepas,qui, ministre autrefois à quinze ans, après avoirquitté le ministère dans la maturité de l’âge, devait,dans l’enfance de sa vieillesse, conduire un jeuneroi et gouverner le royaume. Homme sans ca-ractère, sans vertus , sans talens , mais doux , facileet léger, il choisit des ministres pour la plupartpeu capables, et qui avaient plutôt une réputationde probité que des talens (i). Quelques-uns d’eux,
( 1 ) Quand Louis XVI monta sur le trône, ce prince, sentant soninexpérience , témoigna le désir de choisir un homme éclairé etexpérimenté pour 1 aider à tenir les rênes du gouvernement. 11
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