CHAPITRE PREMIER.
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crainte : on aurait dû plutôt le convaincre de lavérité de cette grande maxime, que la bienfaisancedes rois est dans leur justice.
On persuada encore à ce prince, et ses ministresse le persuadèrent à eux-mêmes, que le publicéclairé, mais inquiet, avide et corrompu, qui ha-bitait la cour, la capitale et les villes, composaitla masse de la nation, dont il n’était que la partiela moins nombreuse, la plus vile par ses mœurs,la plus dangereuse par l’esprit turbulent qui l’agi-tait. L’opinion de ce public devint la boussolevai’iable du gouvernement : le roi par sa bonté, lareine par ses grâces, les ministres par leur facilité,ne furent plus occupés que de le captiver.
Ce fut pour plaire à ce public, qu’on rétablitles parlemens, sans leur ôter les moyens de nuireà l’autorité légitime, sans se prémunir contre leplan destructeur qu’ils avaient formé précédem-ment (i), et qu’ils pouvaient reprendre et con-sommer à leur volonté; que l’on vida le trésorroyal, et que l’on répandit les richesses de l’Étatsur la foule affamée qui composait ou qui environ-nait la cour : ce fut pour lui plaire, que le roi etla reine éloignèrent du trône la majesté qui devait1 entourer, et qui avait attiré jusqu’alors le respect