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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE PREMIER.

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crainte : on aurait plutôt le convaincre de lavérité de cette grande maxime, que la bienfaisancedes rois est dans leur justice.

On persuada encore à ce prince, et ses ministresse le persuadèrent à eux-mêmes, que le publicéclairé, mais inquiet, avide et corrompu, qui ha-bitait la cour, la capitale et les villes, composaitla masse de la nation, dont il nétait que la partiela moins nombreuse, la plus vile par ses mœurs,la plus dangereuse par lesprit turbulent qui lagi-tait. Lopinion de ce public devint la boussolevaiiable du gouvernement : le roi par sa bonté, lareine par ses grâces, les ministres par leur facilité,ne furent plus occupés que de le captiver.

Ce fut pour plaire à ce public, quon rétablitles parlemens, sans leur ôter les moyens de nuireà lautorité légitime, sans se prémunir contre leplan destructeur quils avaient formé précédem-ment (i), et quils pouvaient reprendre et con-sommer à leur volonté; que lon vida le trésorroyal, et que lon répandit les richesses de lÉtatsur la foule affamée qui composait ou qui environ-nait la cour : ce fut pour lui plaire, que le roi etla reine éloignèrent du trône la majesté qui devait1 entourer, et qui avait attiré jusqualors le respect

(1) Dès lannée 1763, les parlemens avaient formé une union ,et chacun d eux sintitulait classe du parlement de France . (Voyezouvrages de Voltaire , Dictionnaire philosophique , article Parle-ment.) M. de B.