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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE III.

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que du salut de lÉtat. On conçoit le déplorableeffet dun tel caractère sur ladministration dungrand royaume , sur les décisions et sur les habi-tudes mêmes dun jeune prince , dont lesprit sageet le cœur pur auraient fait le bonheur de son peu-ple, si, dans les premières années de son règne, ilavait été guidé par un homme plus vertueux et pluscapable que ne létait ce ministre. A la mort de cevieillard , le roi avait donné sa confiance à M. deVergennes, ministre timide, craignant les grandset la cour, sans caractère ni génie , mais sage etéclairé , qui influença sa conduite plutôt quil nela dirigea. Frappé de la situation critique duroyaume , il la fit sentir à ce monarque , ainsi quela nécessité demployer des moyens extraordinaires,et détablir un nouveau plan dadministration pouréviter une catastrophe. Le désordre dans les finan-ces, causé par une longue dilapidation et accruparla guerre de lAmérique , qui avait occasionéà lEtal une dépense de douze cents millions tour-nois, était le plus frappant des maux dont la France lut affligée, sans en être le plus grand (i). On nevoyait de remèdes que dans des ressources nou-

(i) En 1787, les revenus de lÉtal montaient à 474 initiions ;les dépensés pour lannée courante à Coo millions : il y avaitdonc un déficit de 126 millions, sur lesquels il y avait 52 mil-lions de remboursement pour cette année, quon appelait rem-boursement à époque fixe , devant se continuer pendant plusieursautres années , pour des sommes plus ou moins fortes. Les rentesviagères dont l'Etat était chargé, montant à 96 millions, setei-