40 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
velies, les anciennes étant épuisées. M. <le Galonné,ministre des finances, avait conçu un plan vasteet hardi, qu’il avait fait adopter à M. deVergennes.Il fut proposé au roi qui l’approuva, et qui promitd’en appuyer l’exécution de toute sa puissance.
Ce plan, sans attaquer les principes de la monar-chie française, et sans nuire à l’autorité du souve-rain, changeait tout l’ancien système de l’adminis-tration des finances. 11 en atteignait dans leursracines tous les vices dont les plus grands étaientl’arbitraire dans la répartition , les frais vexatoiresde la perception, l’abus des privilèges de la plusriche partie des contribuables, qui s’étendait non-seulement sur les grands du royaume et sur lesgens à crédit , mais sur les premiers ordres del’Etat , sur les provinces et sur les villes, etfaisait supporter tout le poids des charges pu-bliques à la partie la plus nombreuse mais la moinsriche de la nation qui en éiait écrasée (i). Ce plan
guaient annuellement. On espérait faire pour 5 o à 60 millions d’é-conomie dans les dépenses, ce qui était facile. Le déficit réel étaitdonc peu considérable, et aurait été facilement comblé par le nou-vel impôt du timbre , et par la subvention territoriale proposée parM. de Calonne aux notables ; précédemment par le maréchal deVaubau à Louis XiV , sous le nom de dime royale , et par M. deSiiouetteà Louis XV,en 1759. L’établissementde cette subventionexigeait une estimation des biens-fonds qu’011 aurait imposés aumarc la livre des revenus. Les administrations provinciales qu’onvoulait établir alors, garantissaient la facilité et l’exactitude de larépartition. M. de B.
(1 ) La totalité des impositions levées en France sur le peupleen 178S , montait à plus de 600 millions , dont environ la moitié en