42 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
dans (i). 11 devait être appuyé par une assembléede notables du royaume que l’on opposait aux par-lemens. Ce projet fut d’autant mieux accueilli parle roi, qu’il remplissait le vœu le plus cher à soncœur, celui de soulager la classe la plus nombreuse
(1) Les intendans dans les provinces avaient été établis par lecardinal de Richelieu , sous Louis XIII , pour arrêter la trop grandepuissance que les gouverneurs de provinces avaient acquise dansles troubles qui avaient désolé la France , où les gouverneurs le-vaient des impôts pour leur compte. L’amiral de Coligni et son fdslevaient la taille dans une partie de la Bourgogne . (Voyez les Mé-moires de Sully.) Louis XIV , et Colbert sous lui, chargea les in-teudans d’asseoir et de faire percevoir les impôts dans le plus grandnombre des provinces du royaume, où l’on avait aboli récemmentles états: ils furent chargés d’en diriger également l’administrationcivile. Mais pour rendre leurs pouvoirs , sur l’assieLte des impôts ,moins arbitraires , ou plutôt moins odieux , on divisa les provincesen élections qui comprenaient un arrondissement, où quelquesnotables , élus d’abord par le peuple, ensuite choisis par l’inten-dant , devaient l’aider à répartir l’impôt avec justice et avec éga-lité; mais leur pouvoir en imposa tellement aux élus , qu'ils nepurent opposer une barrière à l’arbitraire que les intendans éta-blirent dans l’administration des finances de leurs provinces, dontils étaient les maîtres absolus. Les intendans étaient choisis parmides maîtres des requêtes, rapporteurs du conseil d’Etat, qui n’étaitque le tribunal suprême de cassation du royaume , sous le x-ègnebrillant de Louis XIV . On vit des hommes habiles et expérimentésoccuper ces places importantes ; mais dans les derniers tempselles ne l’étaient, en grande partie, que par des jeunes gens sansexpérience et sans talens. Les intendans devenaient ensuite eon-scillcrs d’Etat, et parmi eux Louis XIV et Louis XV choisirentleurs ministres. L’expérience a prouvé qu’ils étaient, en général,meilleurs que ceux qu’on a choisis depuis dans les auli'cs classes ,et principalement dans le militaire . qui tous , excepté le maréchalde Bcllc-Isle, out été de mauvais ministres. M. de B.