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de ses sujets. Les notables furent donc convoquespour le 29 janvier 1787; je fus nommé de cetteassemblée : elle n’avait pas eu lieu depuis 1626,sous le règne de Louis Xlll ; mais le cardinal deRichelieu conduisait alors le royaume : il en dirigeatous les mouvemens ; il l’employa utilement pourservir ses projets et appuyer ses opérations. Il n’enfut pas de même dans celte circonstance. L’ouver-ture de celte assemblée avait été retardée jusqu’au22 février; M. de Vergennes mourut dans cet inter-valle, et M. de Galonné perdit son appui. Un autreinconvénient de ce délai fut de donner le temps auxnotables et au public de revenir de leur premierétonnement,elaux inlrigans les moyens de préparerleurs ressorts pour empêcher l’exécution des projetsdu gouvernement. Les notables, composés des per-sonnes les plus distinguées dans le clergé, dans lanoblesse, dans la magistrature et dans les corpsmunicipaux des principales villes, devaient naturel-lement être opposés à la destruction des abus dontils profitaient. Il n’y avait donc qu’un premier mou-vement d’enthousiasme qui eût pu les détermineraux grands sacrifices qu’on attendait d’eux ; maisils eurent le temps de connaître les objets qui de-vaient être traités dans cette assemblée, le tempsde préparer et de combiner leur opposition. Ce-pendant la plupart des nobles, des députés desvilles et des magistrats du conseil, attachés au gou-vernement, dont ils étaient les créatures, quilormaicnt une partie considérable de cette réu-