CHAPITRE III,
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étaient devenues plus ou moins commerçantes,presque toutes avaient des manufactures ou quel-qu’objet particulier de commerce. Toutes étaientpeuplées de petits bourgeois plus riches et plusindustrieux que les nobles, et qui avaient trouvéle moyen, eux ou leurs pères, de s’enrichir dansles régies ou dans les fermes clés fiefs et des terresdes grands seigneurs et des nobles, ou même àleur service, lorsqu’ils ne pouvaient se livrer à deplus grandes spéculations (i). Ils avaient reçu, engénéral, une éducation qui leur devenait plus né-cessaire qu’aux gentilshommes, dont les uns, parleur naissance et par leur richesse, obtenaient lespremières places de l’Etat sans mérite et sans talens,tandis que les autres étaient destinés à languir dansles emplois subalternes de l’armée. Ainsi, à Paris et dans les grandes villes, la bourgeoisie étaitsupérieure eu richesses, en talens et en méritepersonnel. Elle avait, dans les villes de provinces,la même supériorité sur la noblesse des cam-pagnes; elle sentait cette supériorité, cependantelle était partout humiliée; elle se voyait exclue,par les règlemens militaires, des emplois daus
(0 $i l’on voulait remonter à l’origine des personnages qui ontjoué des rôles principaux dans la révolution , avocats , procureurs ,médecins, etc. , etc., on verrait qu’ils sont les fils ou petits-filsdes intendans, des valets de chambre et des domestiques en gé-néral des grands seigneurs et des nobles., dont ils ont persécuté etdépouillé la postérité.
M.. de B.
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