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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE IV.

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M. Necker, avec plus de moralité, avait les mêmesprincipes politiques; ils avaient été fortifiés parl’expérience de son précédent ministère, où ilavait éprouvé, dans l’exécution de ses projets deréforme, l’opposition des parlemens, la résistancedes corps privilégiés, et où il avait été sacrifié auxintrigues de la cour. Il jugea sans doute le momentfavorable pour abaisser et anéantir les premiersordres de l’État, et il pensa que la classe mitoyenne de la nation, humiliée et jalouse de leurs préro-gatives, consommerait facilement ce que le gou-vernement n’osait entreprendre. L’assemblée desétats-généraux en fournissait l’occasion, il nes’agissait que de douner la prépondérance et laprincipale influence aux plébéiens, et de rendreces états périodiques, pour faire tomber la nou-velle puissance que la magistrature avait élevée.Les états-généraux, qui ne devaient plus être alorsqu’une assemblée populaire, servaient d’appui àson ambition personnelle, et l’aidaient à exécuterson plan.

M. Necker voyait la France avec les yeux d’uncitoyen de Genève ; le roi, déjà prévenu, vit parceux de son ministre : il adopta facilement ce sys-tème funeste; et le monarque se plaça à la tête dela conjuration contre la monarchie, qu’il sacrifiaà 1 espoir de rendre ses sujets plus heureux ; carjamais prince n’aima plus ses peuples, comme au-cun n éprouva plus les effets de leur ingratitude.Français ! quels sacrifices ne fit-il pas, si ce ne fut