CHAPITRE V.
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l’exemple du général Monck l’effrayait. Je lui ré-pondis que le despotisme n’était pas dans vos prin-cipes, mais que, dans tous les cas, vous seriez inca-pable d’abuser de la confiance qu’on aurait en vous,et que je vous connaissais assez pour répondre quevotre parole était le meilleur garant que l’on pûtavoir de votre conduite. 11 fut enfin convenu que jepartirais pour aller vous la demander, pour prendrele commandement de l’armée, si l’on en rassem-blait une. Depuis lors, M. de La Fayette m’a sou-ment témoigné le désir de s’entendre avec vous.Quand, au commencement du mois dernier, lepeuple de Paris fut chercher le roi à Versailles oùj’étais alors, je vis le parti orléaniste tellementtriomphant que je ne doutais pas que le roi etM. de La Fayette ne fussent massacrés en chemin.Je me retirai à Rambouillet où étaient trois centschasseurs du régiment de Lorraine, avec le projetde faire ce qui dépendrait de moi pour les donnerau parti qui combattrait les orléanistes. Cependantle roi arriva à Paris : j’y revins, je fus voir M. deLa Fayette; il m’avoua que ses ennemis étaientplus forts que lui; je lui proposai de les écarter sansperdre de temps, et de se charger de la constitu-tion comme de la révolution. Sa tête n’était pointassez grosse pour un tel projet; il me dit qu’ilvoulait tout essayer avant d’en venir là , et qu’ilvoulait efirayer ou acheter M. le duc d’Orléans :je lui représentai que ce n’était qu’un palliatif,mais qu’au cas qu’il s’y déterminât, le premier