93 MÉMOIRES DU MARQUIS DE ROUILLÉ .
moyen était le plus économique et le plus sùr ; ill’employa sur le-champ avec succès : il me fitprier le lendemain de passer chez lui, et aprèsm’avoir raconté ce qui venait de se passer, il medit qu’il espérait que sa conduite vous seraitagréable, et qu’il voulait profiter de ce momentpour faire des démarches auprès de vous. Il mepria de vous écrire le premier, et me dit qu’il vousécrirait peu de jours après : je lui envoyai votreréponse comme vous m’en aviez chargé : je le ren-contrai le soir même, il me raconta en détail cequ’il vous avait répondu. Je partis alors pour lacampagne; à mon retour, il y a quatre ou cinqjours, il me dit que, n’ayant pas reçu de réponsede vous, il jugeait que sa lettre était égarée ouplutôt interceptée, qu’il avait lieu de soupçonnerles manœuvres de la poste ; qu’au reste il vous écri-rait de nouveau , et il me fit voir une lettre enquatre pages. Je reçus hier celle que vous m’avezfait l’honneur de m’écrire le i5 de ce mois ; je luifis part des soupçons que vous causait son silence :il me parut inquiet du sort de ses lettres, je lui con-seillai de se servir, pour la seconde, de l’enveloppede monsieur votre fils, et j’ignoi'e si elle a eu unmeilleur sort. Voici le détail très-exact de ma con-duite , que je soumets entièrement à votre juge-ment ; quant à moi, je vous avouerai qu’elle neme paraît pas mériter les soupçons que vous pa-raissez avoir conçus : j’oserai ajouter qu’il devientde plus en plus essentiel que monsieur votre fils