Buch 
Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
Entstehung
Seite
100
JPEG-Download
 

IOO MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.

prête à se révolter, s’attache à celui qui la paiepour se soulever, de la populace enfin. Le ducd’Orléans, qui voulait la faire servir à son ambi-tion criminelle, l’avait, en quelque manière, or-ganisée dans Paris et dans les provinces même. Illui avait donné pour chefs les hommes les plus ha-biles, les plus entreprenans et les plus audacieux,qui en dirigeaient les mouvcmens, dont les clubspatriotiques, répandus dans toutes les parties duroyaume, assuraient l’uniformité. Les sans-culottes,soudoyés par le duc d’Orléans, entraînèrent toute lapopulace de Paris à Versailles le 5 octobre, pourmassacrer le roi et la famille royale, et placer ceprince sur le trône ensanglanté. Lorsqu’il eutéchoué dans son projet, qu’il eut été contraint dequitter la France , ce parti, quoiqu’avec moins deforce, exista encore, et s’identifia à celui des jaco-bins, qui détruisit la monarchie, renversa la cons-titution, et par la suite fît de Robespierre , quiprofita des projets et des crimes du duc d’Orléans,le tyran de la France ( 1 ).

Qu’on me permette ici une réflexion. Ces trois

(i) Robespierre disait que la république s’était glissée entre tousles partis, sans qu’on s’en doutât; cependant il en exprima levœu à l’ouverture des états-généraux , et tout le monde se moquade lui alors. Toujours attaché au duc d’Orléans , il ne cessa deflatter cc prince d’un changement de dynastie , et de l’espoir de lefaire monter sur le trône; mais à la mort du roi, croyant la répu-blique bien établie et pouvoir en être lui-même le chef, il le fitpérir peu de temps après. M. de B.