128 MÉMOIRES DU MARQUIS DE EOUIIXÉ.
ces sermens, qu’ils sont devenus un sujet de dérisionpour toutes les classes, si j’en excepte le clergé,qui, après s’être laissé dépouiller sans opposition,refusa celui qu’on exigea de lui dans la suite, par lepur sentiment de la conscience et de l’honneur:exemple mémorable de vertu que plusieurs d’entreeux scellèrent de leur sang, et presque tous parla proscription. Je croyais donc que c’était encoreun de ces petits moyens que M. de La Fayette em-ployait pour détacher les soldats de leurs chefs, etpour dégoûter les officiers, à qui le décret donnaitla liberté de quitter le service, s’ils ne voulaientpas prendre cet engagement. J’en témoignai monmécontentement aux amis de M. de La Fayette qui m’écrivit la lettre suivante :
« Ce lundi ( sans autre date ).
« Je sais, mon cher cousin, qu’on a cherché àme nuire près de vous; avec un cœur pur et droitcomme le vôtre, la loyauté n’est pas long-tempsméconnue, et l’amitié est également sûre de sefaire entendre.
» Ou vous a dit beaucoup d’absurdités sur mesvues, mes moyens, mes désirs. 11 est simple quedes ambitieux cherchent ce que cache un homme ,qui, en pouvant beaucoup , n’a voulu que le bienpublic.
» On a fait des tracasseries personnelles entrenous; cela est naturel aussi, parce que j’ai desenvieux, que j’ai mécontenté beaucoup de monde,