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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CHAPITRE VIII. I2C)

de manière qu’en obtenant l’estime de la nation,j’ai mérite la haine des partis.

» On a beaucoup blâmé ma conduite, tantôt ona eu. tort et tantôt on a eu raison. Les reprochesqu’on m’a faits se contredisent, et je pourrais enprofiter pour me défendre ; mais en jugeant sé-vèrement mes fautes, je m’honore de mes inten-tions, et si d’autres eussent mieux fait, personnen’eût agi plus en conscience.

» Au reste, mon cher cousin, quand vous croi-rez avoir à me gronder, adressez-vous à moi : noscaractères ne sont pas les mêmes, nos principespolitiques diffèrent ; mais nous sommes tous deuxhonnêtes gens, et, comme ils sont très-rares, nousnous entendrons mieux seuls que quand d’autress’en mêleront.

« Je vous dirai avec franchise que la nouvellepromesse demandée aux officiers est une assez mau-vaise mesure. 11 a fallu d’abord parer à la fureurdu licenciement qui se répandait d’un bout duroyaume à l’autre , faire agréer le système descamps , rendre l’engagement des officiers communà tous les fonctionnaires publics, et après toutcela, il est resté une formule de promesses quin’est pas particulièrement déplaisante à l’armée ,puisqu’elle s’étend à tous les états, mais qui enelle-même ne convient pas à la dignité du peuplefrançais et à la lassitude où nous devons être dessermens.

» Mais comme l’Assemblée, bien loin de vou-

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