1^0 MÉMOIRES nu MARQUIS DE BOUILLE.
loir choquer les officiers , a surtout été conduitepar le désir de leur offrir un moyen qui, une foispour toutes, imposât silence à la calomnie, et dé-truisît tout prétexte à l’insubordination ; nouscomptons sur votre patriotisme t mon cher cousin,pour éviter les mauvaises interprétations qu’oncherchera peut-être à donner, et sur votre exemplepour réunir tous les officiers dans la dispositionque les bons citoyens souhaitent ardemment, tandisque tous les brouillons de tous les partis ne deman-dent pas mieux que de leur donner de l’humeur.
» Mon ami Emery vous écrit ; il avait besoinde moi auprès de vous ; j’ai peur à présent d’avoirbesoin de lui : mais je ne craindrai rien, si vousrendez justice à mon tendre attachement.
« L* F***. »
M. de La Fayette, alors vivement attaqué par leparti du duc d’Orléans, perdait chaque jour de sapopularité à Paris et dans les provinces, et son in-fluence sur l’Assemblée était très-réduite ; sa consi-dération dépendait plutôt de la captivité du roi,qu’il tenait prisonnier et qui était sous sa garde, quede sa force personnelle, qui n’avait plus d’autre ap-pui que la milice parisienne. Il avait été questioneffectivement de licencier l’armée et d’en for-mer une sur les principes de la révolution; c’étaitl’opinion de M. de Mirabeau. Elle était conséquen-te; car l’armée des rois de France , commandée pardes nobles, ne pouvait plus être celle de la consti-