CHAPITRE VIII.
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lution qui avait détruit la noblesse. Pour l’y attacherdésormais, il fallait la corrompre, détacher les sol-dats des officiers, y répandre l’insubordination, laplonger peut-être dans l’insurrection et la licence :c’était ce que voulaient le duc d’Orléans et les jaco-bins, et ce qui présentait les plus grands dangersqui se faisaient sentir dans le moment même.J’écrivis à M. de La Fayette, je lui renouvelai monimprobation sur la fausse mesure qu’on venait deprendre, mais en l’assurant en même temps queje donnerais l’exemple à l’armée.
J’allais partir pour les eaux, quand l’insurrectionqui avait éclaté presque à la fois dans toutes lesgarnisons du royaume , se répandit dans celles demon commandement, à Metz particulièrement,avec un caractère effrayant, qui ne menaçait derien moins que du débandement de l’armée, dupillage des villes , des provinces et du royaumemême, par la réunion des soldats avec la popu-lace. L’exemple de Nancy , l’effroi du roi, de l’As-semblée, et de M. de La Fayette, bien exprimépar les lettres que ce monarque, que le président,que ce général m’écrivirent après avoir étouffé cetterévolte, le prouvent assez.
Partout les soldats formèrent entre eux, danschaque régiment, des comités qui dirigèrent leurconduite; ils choisirent des députés en petit nombre,qui réclamèrent auprès de leurs supérieurs, d’abordavec assez de modération, des retenues qui leuravaient été faites sous l’ancien régime des inspec-té