chapitre vin.
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Voilà ce qui se passa dans presque touie l'arméeet dans les differentes garnisons du r oyaume. Dansquelques-unes, telle que Nancy, les excès furentbeaucoup plus lom. Les soldats se répandirent dansles villes, se mêlèrent avec la populace, et se li-vrèrent à tous les excès de la débauche et de lalicence.
Dès que je vis les premiers symptômes de cetteinsurrection, je me décidai à ne pas profiter demon congé , et à faire mes efforts pour l’empêcher,ou au moins pour l’arrêter. Je fus au premier ré-giment qui prit les armes pour s’emparer de lacaisse militaire et des drapeaux; je haranguai lessoldats, qui s’étaient mis en bataille, leurs armeschargées, et qui avaient ordonné a leurs officiers deprendre leurs places ordinaires dans les rangs. Je nepus rien obtenir d’eux. Ils me répondirent constam-ment et unanimement qu’ils voulaient de l’argent,et ils me demandaient unesomme très-considérable.Les officiers se réunirent à moi pour les exhorter,mais inutilement. C’était un régiment allemand(Salm-Salm), dont j’espérais tirer meilleur partique des autres. Je me trompai ; il y mit plus d’ordreet de méthode, mais autant d’opiniâtreté. Les sol-
» Il y avait, surtout pour quiconque connaît un peu l'esprit du» soldat, un indice que l’orage serait violent et ne se calmerait» pas : c’est qu’on n’entendait point des cris séparés, quelques» voix prédominantes; c’est que tous éclataient, tous se taisaient» à la lois, avec un accord si parfait, si constant, qu’on l’eut cru» commandé, » ( Note des nouv. édit. )