CHAl'JTRE IX.
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soldats de Cliàteau-Vicux qui avaient été pris lesarmes à la main. Le corps suisse , au service du roi,avait le droit, d’après le traité des ligues suissesavec la France , de conserver sa justice particulièreet indépendante. Ce conseil de guerre condamnavingt-deux soldats à mort, et cinquante et quelquesaux galères, ce qui fut exécuté sans que j’eusse ledroit de l’empêcher. On avait pris environ centquatre-vingts soldats du régiment du roi, et troiscents hommes du peuple, les armes à la main : jene pouvais les faire juger; ils furent tous élargisdepuis sans jugement, et personne ne fut puni.
Voilà ce qu’on appellele massacre de Nancy (1).On jugera que je fus entraîné dans des événemensque je craignais et que je voulais éviter. La for-tune m’arracha, comme par les cheveux, du dan-ger où elle m’avait précipité : c’est la dernière fa-veur que j’en ai obtenue (2).
(1) Peut-être trouvera-t-on que j’ai été trop minutieux dans lesdétails que j’ai donnés sur l'insurrection de Nancy ; mais on doitremarquer en même temps , que le désir de détruire les imputa-tions atroces qui ont été faites contre moi à celle occasion , a étéun des principaux motifs qui m’ont engagea publier ces Mémoiresqui doivent me servir d’excuse. M. de B.
(1) M. le marquis de Bouillé , lieutenant-général, et fils del’homme célèbre dont nous publions les Mémoires, a, dans soncabinet, un tableau qui représente l’attaque de Nancy . Ce mor-ceau , qui n’est pas d’ailleurs d’un pinceau fort habile, a du moinsle mérite d’une fidélité scrupuleuse. Les lieux et les circonstancesy sont représentés avec la plus grande exactitude. Il fut peint parun officier suisse qui servait dans un des corps sous les ordres de