17O MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
vaient rien , que d’écraser les jacobins ses véritableset ses plus formidables ennemis.
La ville de Metz , ainsi que la province, étaitdans l'enthousiasme de l’événement de Nancy ; lestroupes suivaient l’impulsion du peuple, et j’étaisparvenu au plus haut degré de popularité. Je medécidai, peu de jours après mon retour à Metz , àfaire la tournée de mon commandement pour con-naître les dispositions du peuple et de l’armée, etjuger de ce qu’il me serait possible de faire en faveurdu roi. La veille de mon départ, je reçus la lettre sui-vante de La Fayette , par un de ses aides-de-camp,le même qu’il m’avait envoyé lors de l’atfaire deNancy , homme très-fin, très-adroit, que je regar-dais comme l’espion de son général, et en qui jen’avais ni ne pouvais avoir confiance. Il me pro-posa de sa part de me suivre, et je ne pus m’y refuser.
« Paris , le j 5 septembre 1790.
» M. de Gouvion m’a remis votre lettre, moncher cousin; vos commissions seront exécutées lemieux que je pourrai (i). J’avais déjà écrit auxcommissaires; je leur renouvelle aujourd’hui mesrecommandations. Desmottes, mon aide-de camp,
(1) François Gouvion , né à Tout ,ei qui porte un nom que tantrie belles actions ont rendu célèbre dans nos fastes militaires, avaitété le compagnon d'armes du général La Fayette en Amérique . Ilfut sous lui major-général de la garde nationale parisienne, dansles premiers temps de la révolution. Porté plus tard à l’Assemblée