I72 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
uns des principaux rebelles pris les armes à la mainà Nancy , afin de faire un exemple qui en imposâtau peuple et à l’armée, ce que je 11e pus obtenir. Lesujet de ses plaintes sur la division qui régnait dansle parti constitutionnel démocratique de l’Assem-blée, provenait de ce que les Lameth et leurs amis,avaient abandonné son parti et s’étaient jetés danscelui des jacobins. Leur objet était de forcer LaFayette à quitter sa place de commandant-généraldes gardes nationales, et dy placer quelqu’un deleurs partisans. Son aide-de-camp Desmottes avaitdes lettres circulaires pour les municipalités, poul-ies chefs des gardes nationales et pour les prési-dons des clubs. Ceux-ci 11’avaient pas encore déve-loppé ouvertement, dans la plupart des provinces,leurs principes de jacobinisme et d’anarchie ; ilsétaient mêlés de constitutionnels et de jacobins.Ces derniers cependant dominaient; ils mettaientautant d’art et d’audace dans leur conduite, queles constitutionnels mettaient de maladresse et defaiblesse dans la leur; et dans les troubles de cetteespèce, les plus hardis et les plus scélérats finissenttoujours par être les maîtres. L’hydre du jacobi-nisme avait caché sa tête; son parti était encorefaible dans l’Assemblée nationale, et s’y montraitpeu; mais dans Paris il attaquait ouvertement LaFayette qui, plein de confiance dans son arméeparisienne, et fier d’avoir fait fuir le duc d'Orléansson clief pendant quelque temps, le méprisait, etcelle sécurité l’a perdu.