178 • MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUIIXÉ.
qui avait été fait récemment par le comité militairede l’Assemblée, et qui opposait les plus grandsobstacles au maintien de la discipline , par l’établis-sement d’un jury, auquel devaient être soumis tousles jugemens concernant les délits militaires, ce quiôtait aux chefs toute leur autorité et aux lois touteleur activité. Il s’agissait aussi, ainsi que je l’ai dit,de faire punir les premiers moteurs de l’insurrec-tion de Nancy , parmi les soldats et parmi le peu-ple ; et enfin de faire un règlement pour la consti-tution et l’organisation des gardes nationales , quien fixât la composition , le nombre , le service etles fonctions, et qui permît en même temps de dé-sarmer le reste du peuple et la populace qui, étanten armes dans toute la France , menaçaient ettroublaient même l’ordre et la tranquillité publi-que. Cetait le sujet de la lettre que j’avais écrite àM. de La Fayette, ainsi que de plusieurs autresprécédentes ; mes réclamations et mes demandesont été sans effet.
On voit par cette lettre de La Fayette qu’ilcommençait à être tracassé par le parti du ducd'Orléans et par les jacobins. A la tète de ses enne-mis étaient Mirabeau, les Lameth , plusieurs desprincipaux démocrates de l’Assemblée, et beau-coup d’autres factieux dangereux par leur audace,leurs intrigues et leurs lalens. Depuis la fédé-ration du 14 juillet, la puissance de La Fayette avait diminué graduellement; sa jalousie et sa mé-fiance de moi avaient augmenté ; notre correspon-