238 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.
Majesté, à qui je destinais , ainsi qu’à la familleroyale, un château derrière le camp, qui devaitservir de quartier-général, ne voulant pas enfer-mer le roi dans une place , et le croyant plus ensûreté avec son armée. J’envoyai le général Hey-man chercher deux régimens d’hussards qui étaientsur la Sarre , craignant qu’ils ne trouvassent desobstacles pour parvenir à Montmédy , par le mou-vement que je prévoyais que cet événement de-vait produire parmi le peuple et parmi les troupesdes différentes garnisons qui étaient très-mau-vaises, ainsi que je l’ai dit; je lui indiquai uneroute de traverse, pour lui éviter de passer parMetz, ou Thionville , ou Longvvy, qui étaient lesroutes ordinaires. Je laissai le général d’Hoffelizeà Stenay , avec le régiment royal-allemand, etje lui donnai l’ordre de faire seller les chevaux dece régiment à l’entrée de la nuit, et de se tenirprêt à marcher à la pointe du jour; d'envoyer undétachement de cinquante chevaux de ce régimententre Stenay et Dun , où il devait être rendu surles dix heures du soir, pour y attendre Sa Majesté,Je remis à M. de Goguelat les ordres du roi pourles commandans des différens détachemens. M. deDamas avait déjà les siens. Il devait se rendre ,le même jour 20 , avec cinquante hussards tirésde l’escadron de Varennes,à Pont-de-Sommevelle,y attendre le 21 , et, dès que le courrier qui devaitprécéder le roi serait arrivé , en partir pour allerremettre les ordres de Sa Majesté aux différens