2/(0 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE;
Lus ordres donnés, et les dispositions faites,qui ne causèrent heureusement aucun soupçonparmi le peuple des villes et des campagnes voi-sines , je partis moi-même à neuf heures du soirde Stenay ; je montai à cheval et je restai à la portede Dun , où je ne voulais pas entrer, parce que lepeuple y était très-mauvais et que je craignais quema présence ne lui donnât quelque inquiétude. Jecalculais que le roi devait passer sur les deux ou troisheures de la nuit, tique le courrier qui le précédaitarriverait au moins une ou deux heures devant lui.
Sur les quatre heures du matin, le jour ayantparu, n’ayant, aucune nouvelle, je regagnai Ste-nay , afin d’être à portée de donner des ordres augénéral Klmglin et au régiment de royal-alle-mandjs’il était arrivé un accident au roi, auquelil me fût possible de remédier : jetais à la porte decette ville une demi-heure après , quand les deuxofficiers que j'avais envoyés à Varennes, et, ce quim’étonna beaucoup, le commandant de l’escadrond’hussards qui y était, vinrent m’avertir que leroi y était arrêté depuis onze heures et demie dusoir. Egalement étonné d’avoir été averti aussi tard,je m'informai de ce qui avait donné lieu à cet évé-nement ; ils me dirent seulement que les troupes,à Varennes, à Clermont et dans les autres postes,avaient été gagnées, et n’avaient pas fait leur de-voir; que le peuple avait pris les armes, et quetoutes les gardes nationales des environs accou-raient à Varennes. Alors je jugeai que je devais