2,54 MÉMOIRES UU MARQUIS DE BOUILIIÉ.tout ce qui m’appartenait, mais à la fureur de mesennemis que j’avais encore aigris , dont les poi-gnards devaient me poursuivre partout, et quieffectivement mirent ma tête à prix?
J’appris au commencement de juillet, avec unegrande satisfaction, que les jours du roi et de lafamille royale étaient en sûreté; que le duc d’Or-léans, à la tête des jacobins, n’avait pu réussir àfaire prononcer sa déchéance par l’Assemblée , nih le faire juger : effectivement, si elle voulait êtreconséquente à ses décrets et à ses principes, ellene le pouvait. Le roi, il est vrai, par la constitu-tion, ne devait pas s’éloigner de Paris de plus devingt lieues; mais alors il devait être sommé derentrer dans les limites qui lui avaient été pres-crites : ce n’était que sur son refus que la dé-chéance au trône pouvait être prononcée. Cepen-dant on l’avait arrêté et ramené prisonnier à Paris :violation manifeste aux lois que l’Assemblée avaitdictées; mais sa conduite avait été jusqu’à ce mo-ment un tissu d’inconséquences , n’étant dirigéeque par des factieux.
Je reçus le décret suivant qui avait été renducontre moi et contre tous ceux qu’on croyait avoircontribué au départ du roi, et avoir été employésdans cette circonstance. On verra, par ce décretque je rapporte, que l’Assemblée était entrée dansmes vues, et que les membres principaux qui ladirigeaient, tels que les Lameth , Barnave , Du-port , Beauharnais, alors président, auxquels la