CHAPITRE XII,
H 77
core une occasion de pouvoir être utile à moninfortuné souverain , en m’attachant à un de sesalliés qui pouvait être le moins suspect à la France .
Je restai environ quinze jours avec le roi deSuède, à Aix-la-Chapelle . Je convins avec lui queje prendrais tous les renseignemens qui étaientrelatifs, et qui pouvaient contribuer à la réussitede ses projets; que je lui enverrais, dans le com-mencement de l’hiver, un mémoire raisonné, d’a-près lequel on arrêterait le plan, dont l’exécutiondevait avoir lieu le printemps prochain, lorsqueles glaces n’empêcheraient plus les vaisseaux desortir de la Baltique . 11 devait lui-même retournerquelques jours après dans ses Etats, y tenir sa diète,et y faire les préparatifs nécessaires pour la dispo-sition et l’embarquement de ses troupes. Pendantle peu de temps que je restai avec ce prince, il metémoigna une grande confiance; il me parla de saguerre contre les Russes avec beaucoup de fran-chise et de modestie; il me communiqua les plansqui! avait formés et exécutés alors. Ils étaientbeaux, vastes , hardis; mais ils manquaient par lesmoyens d’exécution , comme tous les grands pro-jets , quand ils ne sont pas'réglés par une grandeexpérience militaire, qui en rassemble tous les dé-tails, la plus petite négligence dans ce genre lesfaisant souvent échouer. 11 en convint avec moi,en me disant que dans ce temps il n’avait aucuneidée de la guerre et très-peu de généraux expéri-mentés en état de le diriger. Il me parut qu’il avait