312 mémoires du marquis de rouillé.que vous vous êtes éclairé, et je vous prie de croireque je ne vous parlerai plus sur ce sujet ; mais vousme devez savoir gré, qu’en loyal chevalier, je vousaie parlé de ce qui me tenait au cœur. Maintenant,je vous regarde tout à moi, comme je serai toutà vous. Voilà ce que je ne pouvais vous écrire parla poste, et je n’ai pu me résoudre à vous écriresans vous ouvrir mon cœur. N’en pai’lons plus, etne nous occupons plus que du soin de retirer votreroi de l’état où il est. Vous savez déjà que le traitésigné entre moi et l’impératrice, vient detre rati-fié. Sa constance et la mienne ne sont pas dou-teuses. Vous avez vu aussi qu elle et moi sommesles seuls souverains qui ont envoyé des ministresaux princes, et je puis vous confier que nos mi-nistres respectifs reçoivent ordre de quitter Paris ,sous prétexte de congé ; que nous nous préparonset nous concertons pour le printemps ; mais quenous sommes convenus d’endormir l’Assemblée ,pour quelle ne prenne pas des mesures maritimesqui mettraient des embarras pour nous, et nousobligeraient à de plus grands préparatifs, puisquenous ne pouvons communiquer avec vous que parla mer. C’est du moins sur cela que me paraîtporter le plus l’attention de l’impératrice ; et lesgros vaisseaux qui se trouvent à Brest , ne laissentpas que d’appuyer les raisons de cette princesse.Cependant elle ne cesse de presser l’empereur etle roi de Prusse ; mais je ne doute pas que celteprincesse ne réussisse enfin à persuader le chef de
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