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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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CONCLUSION. Syg

grand peuple; je croyais que le caractère des Fran-çais exigeait une grande latitude d’autorité dans lemonarque. Je craignais que la moindre altérationdans les principes, quoique corrompus, de cetteantique monarchie , n’en causât la destructiontotale. Je désirais que l’autorité seule corrigeât lesabus et les vices du gouvernement. J’espérais qu’ilviendrait enfin un ministre, si ce n’était le roilui-même, qui, avec les talens nécessaires, euaurait d’autant plus la facilité , que la nécessitéen était sentie généralement. Je regardais commele plus grand des maux, qu’une assemblée popu^-laire eût entre ses mains le dépôt de la souverai-neté dont elle devait naturellement abuser. Jecraignais enfin que, le roi laissant échapper sonsceptre de ses mains, des scélérats, forts de leurscrimes et de leur audace, ne s’en saisissent pourdétruire le monarque lui-même, et qu’on eût en-suite bien de la peine à le leur arracher, ce quimalheureusement ne s’est que trop vérifié. J’aidonc été attaché à la monarchie et au roi par desprincipes raisonnés, et, j’ose le dire, raisonnables.Je les ai suivis constamment pendant tout le tempsque j’ai pris et que j’ai dû prendre une part activedans la révolution. Si je n’ai en aucun des tortsqu’on m’a imputés, j’ai fait des fautes que je re-connais, qu’on ne m’a pas reprochées , et qui ontbeaucoup influé sur les événemens. J’ai disposé,pendant quelques inslans, d’un grand pouvoirmilitaire ; j’ai eu , dans les, provinces où je com-