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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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380 MÉMOIRES DU MARQUIS DE BOUILLE.

mandais en 1790, une véritable influence : sij’avais eu moins de répugnance pour la guerrecivile, j’aurais peut-être sauvé la monarchie. Lesscrupules, la facilité, la bonté du roi m’ontsubjugué , lors même que je redoutais le plussa faiblesse : je devais y opposer des considé-rations décisives et peut-être même agir sansson aveu. J’ai peut-être moi -même craint l’im-probation et le cri des aristocrates, en me mettantfranchement à la tête du parti qui voulait chan-ger la constitution du royaume, seul moyen deconserver le gouvernement monarchique; car jen’ai jamais eu l’imprudence de croire , commetant d’autres , que, cette révolution une foisopérée, il n’y eût d’autre parti à prendre que dela modifier et de composer avec elle. Sur cepoint, j’ai au moins été conséquent. Opposé, dèsle début, à toutes les innovations, quand ellesont été faites, quand je me suis décidé , d’aprèsle vœu du roi , à prêter mon serment auxnouvelles lois, je ne voyais plus à combattre queles factieux, que les jacobins, qui, non contensde tout le mal qu’ils avaient fait par leur constitu-tion, tendaient au renversement de la monarchieet de tout ordre social ; et comme c’est cette es-pèce d’hommes qui a gouverné depuis 1792 jus-qu’à la mort de Robespierre , les attaquer et lesdétruire eût été l’objet de mes vœux. Mais, depuis,l’espérance de pouvoir employer encore desmoyens concilialoires est venue ranimer mon