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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ET PIÈCES OFFICIELLES. 3g 1

d’opposer la moindre résistance au châtiment des principauxcoupables. »

Note ( B), page 146.

Voici la copie du procès-verbal inscrit sur les registres de làmunicipalité de Nancy , en date du i 4 août 1790.

« Cejourd’hui i 4 août 1790, six heures de relevée, le corpsmunicipal, justement alarmé des progrès du trouble et de l’insu-bordination de toutes les troupes, ayant arrêté qu’il serait députéun courrier extraordinaire à l’Assemblée nationale, pour la sup-plier d’employer le plus promptement possible les moyens quisont en son pouvoir pour rétablir la tranquillité dans cette villeet prévenir les malheurs dont elle est menacée ; il a cru indispen-sable de continuer le procès-verbal qu’il a arrêté le 12 de ce mois ,à midi, et dont il a envoyé une expédition aux députés de cetteville , à l’Assemblée nationale.

» Immédiatement après la rentrée des trois régimens dans leursquartiers respectifs , à l’heure de midi précis, un détachement descavaliers de mestre-de-camp a demandé à ses officiers qu’ils semissent à sa tête pour conduire en triomphe par toute la ville lesoldat suisse de Château-Vieux, qui avait passé la veille au con-seil de guerre, et qui au moment de la proclamation était dans lesrangs monté sur un des chevaux du régiment. Sur le refus quilui en fut fait, il se mit en marche sans officiers , et sc rendit, lesoldat suisse à sa tête, au quartier du régiment du roi ; arrivés là,les grenadiers et chasseurs , sans officiers et sans ordres , prirentles armes , et après avoir mis le second Suisse , qui avait égalementpassé au conseil de guerre, au milieu du premier rang, avec lesarmes et le bonnet de grenadier, ils se joignirent au détachementde cavalerie, et entourés d’un grand nombre de soldats sabre à lamain , et d’une affluence de peuple , ils se sont rendus au quartierdu régiment suisse de Château-Vieux; là ils ont forcé M. deMériau, lieutenant-colonel de ce régiment, à donner à chacundes deux soldats qu ils conduisaient une somme de six louis parforme de décompte , et ont exigé qu’il leur donnât encorecent louis à chacun pour indemnité du châtiment qu’ils avaientsubi; mais cet officier n'ayant pas près de lui cet argent, il a. été