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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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3g2 ÉCLA1RCISSEMENS HISTORIQUES

conduit chez le trésorier des troupes, qui a délivré la sommeexigée ; cette première expédition faite, les courses ont recom-mencé dans la ville ; les soldats du régiment dinfanterie montaientles chevaux de la cavalerie; tous échangèrent leurs habits, et lesabre nu à la main faisaient des évolutions de toute espèce dansles rues.

» La suite de ce désordre fut que les soldats du régiment suissedemandèrent à leurs officiers leur décompte. Ils commencèrent àles consigner, et ne les laissèrent sortir quavec une escorte dequatre à cinq hommes. M. de Salis , leur major, contre lequel oumurmurait à raison de la punition, que lon disait injuste, quilavait fait subir à ces deux soldats, fut cherché de toutes parts ; lesperquisitions les plus exactes furent faites dans sa maison et dansles maisons voisines : heureusement on ne put le trouver quoi-quon eût fouillé partout. Il fut obligé de demeurer ainsi cachépendant toute la journée et la nuit. Cette nuit ne fut pas moinsorageuse que le jour lavait été. Les soldats étaient répandus danstoutes les rues, et, des tambours à leur tête, causaient les plus vivesinquiétudes aux bons citoyens. Dès le lendemain , le régimentsuisse continua , malgré la publication de la proclamation , à exigerque les officiers suisses lui vendissent compte. Ils les tenaient tousdans leur quartier; et daprès le prétendu résultat de leurs cal-culs, ils obligèrent les officiers à emprunter de largent pour leleur donner. Heureusement un citoyen de cette ville ( M. de Van-bécourt ) fut a3sez heureux pour offrir aux officiers suisses unesomme de vingt-sept mille livres , à laide de laquelle on satisfitpou,r un moment la demande des soldats ; mais ils sobstinaienttoujours à avoir à leur tête leur major, et la fermentation quicroissait ne permettait pas quon lexposât à paraître. Touché delaffreuse position de cet officier, le corps municipal qui étaitinformé du lieu de sa retraite, invita des officiers de la gardecitoyenne à accompagner cinq de ses membres pour tâcher depourvoir , par des moyens de conciliation, à la sûreté de M. deSalis. Arrivés au quartier des Suisses, M. de Salis sy était déjàrendu, et lofficier municipal qui présidait la députation repré-senta aux soldats assemblés combien ils sécartaient de leur devoir,et combien ils se déshonoreraient sils manquaient à leur major. Iis répondirent que ce nétait pas leur intention, quils ne sécarte-