ET PIÈCES OFFICIELLES.
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Je ses séances, pour délibérer sur la lettre adressée par M. deBouillé , général de l’armée sur le Rhin , la Meurthe , la Moselle ,la Meuse , etc. , à M. de Noue , datée de Toul , heure de minuit,après avoir ouï le procureur de la commune, il a été unanime-ment arrêté qu’il y aurait une députation faite à la garnison , pourlui donner communication de cette lettre ; et que , pour l’instruc-tion des bons et honnêtes citoyens , elle serait imprimée et distri-buée avec profusion. Messieurs Mourut, procureur-syndic de lacommune , Nicolas , Desbouber etGœuryl’aîné ( notables ), ont étéchargés de cette députation ; mais , loin d’en avoir tiré aucun suc-cès , ils ont trouvé la garnison plus animée et plus déterminée àsuivre l’insurrection dans laquelle l’avait entraînée une erreur ,peut-être involontaire dans son principe, mais devenue criminellepar la persévérance.
» De retour à la maison commune , ces officiers ont été suivisd’unedéputation adressée auconseil général delà commune , com-posée de huit soldats du régiment du roi , pour solliciter une ré-quisition aux carabiniers , à l’effet de se rendre à Nancy , et pourfaire battre la générale , afin de réunir aux drapeaux de la garnisonceux de la garde citoyenne.
» Le conseil général de la commune ayant refusé de se prêtera ces propositions , la même députation militaire s’est adressée audirectoire du département, oh elle a essuyé de pareils refus.
» Cette fermeté de la part des deux corps administratifs , les aexposés aux dangers les plus imminens, et a même , pour un mo-ment , compromis la sûreté de la cité , au point que le bruit publica annoncé que la garnison avait résolu de s’emparer de ces deuxcorps , et de les tenir prisonniers, afin de pouvoir exécuter avecplus de facilité les projets criminels qu’elle avait formés.
» Prévenus de ces menaces, les deux corps avisaient au moyend’y parer, lorsqu’une seconde députation s’est présentée pour in-sister sur la réquisition à faire aux carabiniers de se rendre àNancy , et pour faire battre la générale.
» Le conseil général de la commune, forcé , en quelque sorte,par la crainte de voir effectuer les menaces , a fait , de son côté,une députation au directoire du département, pour l’instruire del’opiniâtreté avec laquelle la garnison persistait dans les demandes