^q8 éclaircissemehs historiques
qu’elle avait faites ( et pour agir de concert sur le parti à prendredans une position aussi embarrassante.
» La matière mise en délibération , les deux corps administra-?tifs, pénétrés de la sagesse des motifs de leur premier refus, mais,d’un autre côté , frappés de la nécessité impérieuse des circons-tances , convaincus qu’il y allait du salut de la cité , ont cru devoircéder à cette violence.
» En conséquence , la réquisition exigée a été expédiée sur-le-champ par le directoire du département, et le conseil général delàcommune a donné les ordres pour faire battre la générale.
» Les mêmes députés sont ensuite retournés près des trois régi-mens pour les engager à souscrire aux conditions portées par lalettre de M. de Bouille. Parvenus au quartier du régiment du roi,qui était sous les armes, ayant à sa tête ses officiers, ils annoncè-rent à la troupe le motif de leur mission : des commissaires furentà l’instant nommés pour entendre et recevoir la députation de lamunicipalité ; ces commissaires se rendirent à la salle de disciplinepour délibérer entre eux , et la réponse,fut « que le régiment don-» nait sa parole d’honneur qu’il ne serait point attenté à la per-» sonne de M. de Malseigne ; que le régiment consignerait, dans» un mémoire qui serait présenté à l’Assemblée nationale, ses griefs» contre le général; et que l’on attendrait la décision de l’Assemblée» nationale : le régiment invitant les députés de la municipalité et» du directoire du département de porter ce voeu à M. de Bouillé. »
» Ceux-ci observèrent aux soldats que cet engagement de leurpart , cimenté de la parole d’honneur du corps, leur donnait degrandes espérances de conciliation ; mais qu’ils croyaient qu’ilconviendrait que quelques-uns d’entre eux accompagnassent ladéputation qui serait faite à M. de Bouillé. Cette proposition futaccueillie , et quatre soldats furent nommés pour se joindre à ladéputation. Ces députés réunis proposèrent ensuite d’aller fairepart de cette détermination aux régimens de Château-Vieux et demcslre-de-camp-général cavalerie. Cette proposition a été accep-tée et exécutée sur-le-champ, et les deux régimens ont nomméchacun deux députés pour se réunir aux autres.
» Et comme il était resté à Nancy un peloton de carabiniers,qui avaient amené M. de Malseigne , les trois régimens exigèrentdeux carabiniers pour se réunir à la députation , ce qui a eu lieu.