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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ET PIÈCES OFFICIELLES. 5gg

» Les officiers municipaux sc sont ensuite vendus à la maisoncommune pour demander auconseil général , si son intention étaitquils accompagnassent la députation militaire près de M. deBouille, conformément au voeu de la garnison.

i> Le conseil général a déféré avec empressement au désir destroupes , et il a été arrêté que M. le procureur de la commune ,MM. Desbouber , Nicolas etGœury , accompagneraient la députa-tion militaire, décodés de leurs écharpes.

» MM. du directoire du département , ayant été prévenus, parle conseil général de la commune , de toutes ces dispositions, nepurent mieux en témoigner leur entière satisfaction , qu'en nom-mant M. Dumontet, vice-président, pour accompagner cette dé-putation dont on attendait les plus heureux effets.

» Lesdéputés parvenus à Frouard , était le quartier-général,M. de Bouille sest présenté à euxau milieude la cour du château ,et prévenant ce que M. Dumontet avait à lui dire, il sest expliquéen ces termes :

<c Messieurs,

m Vous êtes députés du directoire du departement de la Meurthe et du conseil général de la commune de Nancy ; ce que vous avezâme dire, ce que jaurai à vous répondre, ne pouvant être unsecret pour ma troupe, cest en sa présence que je dois vous en-tendre et vous répondre ; mais je vous préviens , avant tout , queje nentends à aucunes propositions de paix , que ces deux condi-tions ne soient remplies , i° que la garnison sorte de la ville , ayantà sa tête MM. de Malseigne et de Noue , ou quelle serenge paisi-blement clans ses quartiers , après avoir remis ces deux générauxentre les mains du détachement qui doit reconduire les députés ;2<t que quatre hommes des plus mutins, par régiment, et reconnuspour chefs de la discorde , soient à linstant envoyés à lAssembléenationale , pour y être jugés suivant la rigueur des lois. Si la gar-nison persiste dans son opiniâtreté , dans deux heures, après leretour des députés , jentrerai dans Nancy à force ouverte , et je mepropose de passer au fil de lépée tout homme qui sera trouvé lesarmes à la main.

» Ce général, adressant ensuite la parole à sa troupe , a dit :

« Soldats , braves Français , sont-ce vos intentions? »