ET PIECES OFFICIELLES.
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et M. de Damas n’eut que la ressource de les protéger par sa pré-sence, et par celle de quelques officiers et bas-officiers qu’il rassem-bla autour de la voiture sans rien faire paraître, le moindre mou-vement précipité pouvant justifier les soupçons des habitans, etayant eu d’ailleurs des raisons de douter de l’esprit de sa troupepar quelques propos qu’il avait entendus dans la soirée. M. deDamas demanda si le roi était toujours dans le plus parfait inco-gnito : on lui répondit que tout allait bien.
» Les voitures furent bientôt relayées et parties. Elles étaientà peine sorties de la ville, qu’une rixe entre des bourgeois occa-siona un tumulte considérable qui fit battre la générale. M. deDamas sentit qu’il était possible qu’on mît obstacle au départ deson détachement, et au passage de celui de Sainte-Menehould ,qui devait suivre de pris la voiture. 11 se porta à l’entrée de la villepour ordonner au commandant de ce détachement de passer parun chemin qu’il avait reconnu, qui évitait la ville et qui gagnait,par la traverse, la route de Varennes ; mais cette ressource luimanqua ; il vit arriver un maréchal-des-logis qui venait lui annon-cer que le détachement de Sainte-Menehould et son chef avaientété arrêtés. Alors il ne songea plus qu’à enlever sa troupe de Cler-mont, et il fit presser sou départ. Le district et la municipalité seprésentèrent à lui pour lui demander raison de cet ordre inattendu.M. de Damas leur montra ses ordres, et observa que, d’après lesdécrets, les municipalités ne devaient pas s’opposera la marche destroupes. Ses raisons ne furent pas écoutées , et on voulut l’arrêter.Il n’eut que le temps de monter lui-même à cheval, en appelant àlui ses dragons qui cédèrent aux instances et aux menaces de lamunicipalité et de la garde nationale qui avait pris les armes, etqui eurent la lâcheté d’abandonner leur chef. M. de Damas se vitréduit à laisser sa troupe et à prendre la route de Montmédy , ac-compagné d’un officier , de deux maréchaux-des-logis et d’undragon , afin de rendre compte à M. de Bouillé de la défection desa troupe. En passant par Varennes , il trouva Leurs Majestés ar-rêtées contre toute vraisemblance : il crut devoir y entrer de gréou de force, pour rapprocher de leurs personnes quelques hommesde plus, prêts à se dévouer pour elles.
» Le fils du maître de poste de Sainte-Menehould arriva à Va-rennes quelques momens après le roi. Son départ avait été observé
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