4l8 ÉCLAIRCISSEMEHS HISTORIQUES
par un maréchal-des-logis du régiment royal qui avait la confianceet le secret de M. de Choiseul son colonel. Ne doutant point dumotif criminel qui guidait ce jeune homme , il échappa à la sur-veillance du peuple et de ses camarades, pour poursuivre ce mal-heureux et arrêter ses funestes projets : il le suivit pendant l’espaced’une lieue sur le grand chemin, ne voulant pas le joindre d’abordpour ménager son cheval qui avait une longue course à fournir :mais cet homme, voyant le danger qui le menaçait, quitta brusque-ment le grand chemin , prit par les bois et des détours qu’il con-naissait parfaitement, et échappa. Il arriva à Varennes entre onzeheures et minuit, réveilla avec le moins de bruit possible tous sescomplices , coupa la communication du pont qui sépare la ville deVarennes en ville haute et en ville basse; et ce fut au milieu detous ces préparatifs que Leurs Majestés, qui s’étaient arrêtées quel-ques instans à la porte de la ville pour chercher leur relais , entrè-rent dans la ville haute : elles s’arrêtèrent à la première maison dela ville , comptant y trouver le relais convenu ; mais il n’avait.pointété placé ainsi , et il était encore à l’auberge, de l’autre côté dupont. MM. de Raigecourt et le chevalier de Boitillé, qui avaientété envoyés à Varennes par M. de Bouillé, le 21 au matin, pour yrecevoir le roi et préparer le relais et le détachement pour son ar-* rivee, avaient attendu , pour faire les dispositions nécessaires, lecourrier qui devait leur donner , ainsi qu’aux autres, le signal.N’e’tant point assez sûrs de l’officier qui commandait à Varennes,' pour lui confier le secret dont ils étaient dépositaires, ils lui enavaient dit assez pour le décider à tenir sa troupe prête à tout évé-nement; et pour les dispositions particulières, leurs instructionsportaient d’attendre le courrier qui devaitprécéderau moins d’uneheure et demie , et qui, n'arrivant jamais, les jeta dans la pluscruelle inquiétude. Ils auraient pu ne pas l’attendre pour placer lerelais d’une manière plus convenable. La crainte de compromettrele secret, et l’inquiétude que leur arrivée avait causée dans la ville,leur firent juger que le changement y produirait un mauvais effet.Mais l’officier qui avait reçu les ordres pour se tenir prêta recevoirun convoi, devait y mettre assez d’importance pour faire montersa troupe à cheval àu premier mouvement extraordinaire dont ils'apercevrait , et prendre toutes les précautions nécessaires pourfaciliter le passage de ce convoi d’argent, et pour demeurer le