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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ET PIECES OFFICIELLES.

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maître de toutes les issues dans lendroit ou il commandait. Lecoupable maître de poste lit donc toutes ses dispositions sans ren-contrer aucun obstacle, et le silence le plus profond couvrait en-core son entreprise , lorsque Leurs Majestés sarrêtèrent à la pre-mière maison pour y trouver leur relais. Inquiète de ne voir pa-raître aucun des secours quelle attendait, et menacée dêtre aban-donnée par les postillons qui la conduisaient, la reine descenditelle-même de voiture, frappa à plusieurs portes et entra dans quel-ques maisons pour sinformer du relais sur lequel elle comptait.Elle ne fut pas reconnue ; elle attendait encore quelques momenssans lêtre , et se promena dans la ville haute avec le roi, espéranttoujours que quelquun paraîtrait pour leur donner quelqueavls(i). Enfin, trompées dans leur espoir et dans tous leurs cal-culs , Leurs Majestés se décidèrent à remonter en voiture, et dé-terminèrent leurs postillons à les conduire plus loin. Elles pas-saient sous une voûte près du pont, lorsquune bande de scélératsqui sy tenaient cachés dans le plus grand silence , savancèrent etarrêtèrent la voiture du roi : ils portèrent la main sur la personnemême de Sa Majesté , la firent descendre de voiture ainsi que safamille , et les conduisirentainsi prisonniers dans la maison du pro-cureur de la commune- Le roi leur opposa tout le courage , la fer-meté et la dignité quexigeait une pareille circonstance. Ni sa bontéet sa clémence, ni ses menaces, ne purent les ébranler. Dans lemême instant, les barricades furent disposées dans les rues; la.garde nationale fut sous les armes ; les écuries des hussards entou-

(1) Les gardes-du-corps qui accompagnaient le roi cherchèrent aussile re!aisinulilement;mais ilsne parcoururentqu'une partie de la ville, etne passèrent point le pont, de lautre côte' duquel il e'Iait. Cette négli-gence est inexplicable. Ces gardes-du-corps sont MM. de Moustier , deMalden et de Valory * *.

* MM. de Moustier et de Valory ont donne' tous deux, en i8l5, des relations inté-ressantes du voyage de Varennes. Leurs re'cits expliquent les circonstances dont ilest ici question, et different sur dautres faits de lexpose quon vient de lire. Nousaurons plus tard occasion de consulter leurs relations. en publiant dautres-

( Note des nnuv édit. ;

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moires.