420 ÉCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
rées , et on sonna le tocsin pour soulever et appeler les campagnes.A ce bruit, les deux officiers envoyés le matin par M. de Bouille ,voulurent se porter au logement du commandant : ils trouvèrenttous les chemins coupés ; on venait même pour les arrêter. Ilsn'eurent que le temps de monter à cheval et de percer au milieude quelques troupes de gens armés qu’ils rencontrèrent, pourcourir avertir M. de Bouillé de l’événement affreux qui venaitd’arriver, et pour faire marcher les secours.
» D’un autre côté, MM. de Choiseul et de Goguelat arrivaientà Varennes avec le détachement de Pont-de-Sommevelle troisquarts-d’heure environ après l’arrestation du roi. Ils trouvèrentaux portes de la ville quelques mauvaises pièces de canon (t), etune foule de gardes nationales qui voulurent leur disputer l’entrée.Ils demandèrent à être reconnus par les soixante hussards quiétaient dans Varennes. M. Rohrig, leur commandant, parut seul.M. Boudet, qui ramenait les hussards de Pont-de-Sommevelle,après l’avoir instruit qvie c'était le roi qui était arrêté , lui ordonnade prendre toutes les mesures nécessaires pour sa sûreté et sa dé-fense. Mais cet officier, au lieu d’obéir à son commandant, ne donnaaucun ordre à son détachement ; et, sous prétexte d’aller avertirM. de Bouillé de ce qui se passait dans Varennes, il quitta ce posteimportant et laissa le commandement à un maréchal-Jes-logis quiétait dans les plus mauvaises dispositions, et qui le montra bienpar sa conduite. Il tint ses hussards dans la plus parfaite inaction :et le détachement entrant seul dans la ville , et sans aucun secoursde ceux qui y étaient, parvint jusqu’à la maison oh était la fa-mille royale : elle était entourée d’une garde nombreuse ; et, au lieude tenter de la dissipersur-le-champ, M. de Goguelat, après avoirparlé au procureur de la commune, qui n’avait pas encore bienparfaitement reconnu le roi, monta chez lui sous prétexte de voir
(i) Ces pièces qui firent tant d’effet sur les hussards, et qui décidèrentleur défection , n’étaient pas même chargées , et ne l’ont jamais été. Cesont ces mêmes hussards qu^ j’avais vus quelques mois avant à Nancy braver tous les dangers, et attaquer des pièces de vingt-quatre chargéeset bien défendues. Ce qui prouve pour eux contre ceux qui les com-mandaient dans cette dernière circonstance.