ET PIÈCES OFFICIELLES. 4 21
quelles étaient les personnes arrêtées. Il en sortit bientôt, en an-noncant au peuple et aux hussards la présence certaine du roi etde la reine ; mais cette nouvelle ne produisit sur ce peuple égaréque l’effet de l’irriter encore davantage ; et M. de Goguelat, voulants’assurer des dispositions des hussards, et ayant fait mettre hautles armes , leur demanda pour qui ils étaient. Ils répondirent :Vive la nation ! nous tenons et nous tiendrons toujours pour elle !et cette réponse, que le peuple qui les entourait avait eu le tempsde leur inspirer, donnant à M. de Goguelat la cruelle certitudequ’il n’y avait aucun secours à attendre pour le roi dans celte villecoupable, il feignit un moment d’adopter ses sentimens et d’entrerdans les dispositions qui se faisaient contre les secours qu’on an-nonçait pour donner au roi et à la reine le temps de les recevoir ,et les moyens d’être délivrés.
» Pendant?que ces événemens arrivaient à Varennes , M. deBouille qui avait passé toute la nuit à cheval entre Dun et Stenay ,étonné et inquiet de ne recevoir aucun courrier, ainsi qu’il en étaitconvenu , s’était porté en arrière de cette ville , sur le chemin quiconduit à Rlontmédy, pour être plus à portée d’en tirer des se-cours s’il était nécessaire. Il était à la porte de Stenay , lorsqueMM. de Raigecourt et le chevalier de Bouille, avec le comman-dant du détachement de Varennes, lui apportèrent la premièrenouvelle qu’il eût encore reçue du roi, et qui était celle de sonarrestation. En un instant, l’ordre fut donné au régiment deroyal-alleniand de monter à cheval : mais ce régiment n’avaitpas sellé ses chevaux , quoique la veille l’ordre eût été donné aucommandant de se tenir prêt à monter à cheval à la petite pointedu jour, et qu’il fût prévenu du passage du roi dans la nuit. Ilétait alors près de quatre heures du matin ; en même temps il en-voya a Montmédy , à M. de Klinglin, maréchal-de-camp, qui yétait chargé des préparatifs du camp , l’ordre de faire avancer surDun un bataillon de Nassau en toute diligence, et d’expédier1 ordre à un bataillon de Castella suisse , dont le régiment entiermarchait à Montmédy , de se diriger avec la plus grande prompti-tude sur Stenay pour y recevoir des instructions ultérieures. M. deBouillé envoya également, et dans le même instant, l’ordre auxdétachemens de Mouza et de Dun de se porter en toute hâte surVarennes, les prévenant qu'il allait suivre avec le régiment de