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42 2 ÉCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
royal-ailemand, et leur enjoignant de tenter, dès leur arrivée,tous les moyens de délivrer le roi et sa famille. M. de Bouille at-tendit que le régiment de royal-Allemand fût prêt, pour s’assurerdes dispositions de ce corps et pour se mettre à sa tête. Il lui lutl’ordre du roi, lui fit connaître l’objet de sa marche , et lui distri-bua l’argent qu’il avait sur lui. Le général trouva les cavaliers telsqu’il pouvait le désirer, et ils le suivirent avec toute l’ardeur et ladétermination qui pouvaient promettre le succès. Il était près decinq heures du matin quand il se mit en marche.
» (1) Cependant, M. Desion, commandant le détachement dehussards à Dun , et qui, connaissant l’objet de sa mission, occu-pait avec ses hussards toutes les rues et issues de cette ville , ap-prit au passage de M. Rohrig, commandant des hussards de Va-rennes, qui allait rendre compte à M. de Bouille, ce malheureuxévénement. Il s’empressa de prévenir les ordres du général, et ilse mit en marche vers Varennes, laissant à Dun vingt-quatrehommes et un officier pour assurer le passage de cette ville. Ledétachement de M. Desion fit les cinq lieues de Dun à Varennesen une heure et demie, et arriva devant cette dernière ville àcinq heures du matin. Son projet était d’attaquer sur-le-champ,et de parvenir de force jusqu’au roi; mais à vingt pas de la villeil aperçut les barricades qui le forcèrent de renoncer à ce projet.Le poste avancé de la garde nationale voulut mener M. Desion àla municipalité pour y rendre compte des motifs qui l’amenaientà Varennes : il s’y refusa formellement, et demanda d’entrer avecson détachement pour rejoindre celui qui était dans la ville : onlui répondit que le roi le lui défendait. Certain alors de la présencedu roi dans Varennes, M. Desion demanda la liberté de lui rendreses hommages. Cette permission lui fut accordée par le sieur Seigne-mont, commandant de la garde nationale et chevalier de Saint-Louis. Cet homme promit toute sûreté à M. Desion, et lui donnamême sa parole d’honneur qu’il pourrait parler seul au roi etsans aucun témoin. M. Desion exigea de plus un otage qu’il re-mit à ses hussards : le but de cet officier était de prévenir le roidu secours qui devait lui arriver , et de voir de plus près s’il lui
(i) Extrait du rapport deM Desion.