ET TIECES OFFICIELLES.
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était impossible d’enlever les barricades le sabre à 1a main. Il lestrouva trop multipliées, particulièrement sur le pont, et déses-péra du succès de toute tentative , à moins qu’il ne fut secondépar les cent hussards qui étaient dans l’intérieur de la ville auxordres de M. Boudet. Arrivé près de la maison ou était le roi ,M. Desion y trouva trente hussards à cheval commandés par ungarde nationale ; et cette certitude de la défection de cette troupelui ôta tout espoir de pénétrer dans la ville avec la sienne. Aprèsavoir attendu une demi-heure , il entra chez le roi. Le sieur Sei-gnemont , oubliant'sa parole d’honneur, y entrait aveclui. M. Des-ion lui fît , en présence de Sa Majesté , les reproches qu’il méri-tait à ce sujet. Il crut s’excuser en ouvrant la porte et en disant •La nation ne veut pas que vous parliez seul au roi. Cependant, ilpermit à M. Desion de s’écarter un moment pour parler à Sa Ma-jesté : il lui expliqua alors sa position, l’obstacle insurmontableque les barricades opposaient à son zèle, mais lui annonça la pro-chaine arrivée de M. deBouillé, à la tête de royal-allemand, etlui demanda ce qu’il devait dire à M. de Bouille. Le roi lui ré-pondit : P'ous pouvez lui dire que je suis prisonnier, que je crainsbien qu’il ne puisse rien faire pour moi : niais que je lui demandede faire ce qu'il pourra. Le même officier parla aussi à la reine ,et comme elle était très-près du commandant de la garde natio-nale , il lui adressa la parole en allemand , et lui répéta la mêmechose qu’au roi. Cette malheureuse princesse se plaignit amère-ment de ses persécuteurs , et lui dit qu’ils ne voulaient pasmême lui permettre d’aller se reposer à P'erdun. Le roi étant venudire à M. Desion de ne pas s’entretenir plus long-temps avec lareine , il prit congé de Sa Majesté en lui demandant hautement sesordres. Il lui répondit : Je suis prisonnier , je n’ai plus d’ordres àdonner.
» M. Desion fut alors rejoindre sa troupe. Arrivé à son détache-ment, il envoya un brigadier porter à M. Boudet, qui commandaitles hussards dans Varennes , l’ordre d’attaquer en dedans tandisqu’il ferait un attaque en dehors. Après une longue recherche ,ce brigadier revint sans avoir pu joindre M. Boudet qui était blo-qué aux Cordeliers avec son détachement, et ne pouvait agir.Brive de ce secours, M. üeslon fut obligé de rester dans l’inac-tion pour attendre l’arrivée de royal-allemand ; il n’y fut pas