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long-temps ; il apprit bientôt que le roi et la reine étaient traînésvers Paris . Il fut rejoint alors par JYi. le chevalier de Bouille : ilstentèrent ensemble de passer la rivière pour fondre sur la gardenationale qui escortait le roi et le délivrer. Ils passèrent un pre-mier bras ; mais un canal impossible à franchir leur opposa unobstacle insurmontable. Il fallut encore renoncer à cet espoir ; et,ns voyant plus aucun moyen d’être utiles au roi , ils prirent leparti d’aller rejoindre M. de Bouille. Ils le trouvèrent à une de-mi-lieue de Yarennes à la tête de royal-allemand : il était neufheures et demie. Il fut abattu de l’affreuse nouvelle qu'ils luiapprirent. Il voulait encore suivre sa route et tenter un derniereffoit; mais personne de ceux qui étaient avec lui ne connaissaitde gué sur la rivière qui le séparait du roi. Les chevaux étant ha-rassés de la longue course qu’ils venaient de faire aussi rapide-ment ( Stenay étant à neuf grandes lieues de Yarennes ) , le roiétant parti depuis une heure et demie, toute poursuite devenaitinutile et impossible. Il fallut renoncer à l’espoir de délivrer cettemalheureuse famille, et on reprit le chemin de Stenay avec le dé-sespoir et l’abattement le plus profond. »
Note ( G), page 246.
La pièce qui devait être, comme on l’a vu page 246 , remise auroi, en 1792, si la campagne qui allait s’ouvrir lui rendaitsali-berté, portait pour titre : Exposé de la conduite du marquis deBouillé. Nous la donnons ici tout entière.
« Je n’avais jamais cru qu’il fût nécessaire de justifier ma con-duite dans l’événement du départ secret du roi et de son arres-tation. Entouré d’officiers qui en ont été témoins , dont plusieursofficiers-généraux et autres très-distingués ont suivi mon sort, enquittant le royaume lors de ce fatal événement, ils ont pu et dûme juger, et ils n’ont laissé aucun nuage sur mes intentions , surmes démarches , ni sur les causes du malheur qui m’a enveloppéavec la famille royale. Si j’ai toujours pensé avec douleur à lacatastrophe de Yarennes, j’ai cru nécessaire de n’en point parler ,et j’ai cru surtout inutile d’accuser des personnes qui en ontfait manquer la réussite par l’inexécution des ordres que je leur