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minée par deux sentences.—Toutefois par son sage etbon escient, il crut nécessaire avant tout de consulterles cantons de Berne et de Soleure , et leur dépêchaen grande hâte Hugues de Vuillaufans, son écuyer etprincipal agent et conseiller. Les cantons furent d’àvisque Rodolphe ne devait décliner de l’empereur, ains serendre tout d’abord auprès de lui et le gagner par bonnesmanières : en effet, l’empereur fit défense à Louis deChâlons de rien entreprendre sur Neuchâtel , jusqu’ilce qu’il eût prononcé. Et fit tant et si bien notre ha-bile Rodolphe que ladite prononciation resta et resteencore à venir; en telle sorte que la tranquille posses-sion du comté lui étant ainsi demeurée, fut le titre su-périeur qui en assura la jouissance à ses descendans,laquelle jouissance par diverses fortunées entrefaites,se convertit bientôt en une souveraineté pleine et in-dépendante , du moins par le lait. Certain est-il que laconduite sage et bien avisée du comte Rodolphe mé-rite louanges; mais certain aussi qu’il fut merveilleu-sement aidé par les occurrences, car Louis de Châlonsmourut à la peine de ses poursuites en i 4-63; puisGuillaume son fils fut presque toute sa vie prisonnierdu roi Louis onzième de France ; enfin, tout est allé sibien pour les après-venans de Rodolphe, que cettepuissante maison de Châlons -Orange s’est éteintel’an i55o en la personne de Philibert.
Par cetle longue déduction des démêlés de Rodolphecomte de Neuchâtel avec Louis de Châlons, j’ai vouluindiquer les causes d’un grand effet, et montrer com-ment nos comtes commencèrent au milieu du i5 e siècleà remonter de rechef au premier rang, pour aller en-suite plus loin se faire et dire souverains.