tente de bien tenir Neuchâtel , répondit qu’elle avaitdéjà destiné sa fille, laquelle, en effet, à la sollicitationdu roi de France Louis XII , fut fiancée l’année sui-vante i5o4 à Louis d’Orléans , et ce fut par ce ma-riage que le comté entra dans la sérénissime maisond’Orléans-Longueville qui nous domine maintenant.
Toutefois la maison de Châlons venait de réveillerses droits plus qu’endormis : Philiberte de Luxem-bourg , mère tutrice du jeune Philibert de Châlons,croyant qu’à la mort de Philippe sans enfans mâles,le Comté retournait de droit à la maison de Châlons ,envoya une grande députation à Berne , dans la vuede disposer ce canton à consentir à une main-misesur Neuchâtel. Mais la Seigneurie de Berne déclaraqu’elle maintiendrait Jehanne, et la chose en resta là.Il arriva même à cette occasion un événement quimérite place ici : Par sentence des Trois-Etats, Claudede Neuchâtel, baron de Vaumarcus , seigneur deGorgier et de Travers, fut dépouillé des dits fiefs,lesquels furent adjugés à la comtesse en 1 5o6 -, et cepour manifeste félonie du dit Claude qui s’est dé-claré méchamment pour la dame Philiberte de Châ-lons contre tout droit et raison, ayant mémementaccompagné ses ambassadeurs à Berne etc. Maisl’an suivant i5oy , les cantons de Berne et de Fri-bourg , informés que le dit Claude de Neuchâtel fai-sait rage à la cour de l’empereur Maximilien contrela comtesse Jehanne et Louis d’Orléans son mari, etqu’il était cause de la saisie que le dit empereur avaitlaite de plusieurs terres et seigneuries, que notrecomtesse tenait du chef de ses pères en fief en la